08-11/07 :

Comme vous l’aurez compris, nous n’avons pas adoré notre passage à Kyoto, un peu humide, et trop touristique. Au moins, nous nous sommes reposés !

Fukushi Inari

Après la visite des 10 000 tori sous le soleil, nous prenons le train pour Tokyo et nous installons dans une sympathique auberge de jeunesse. Comme c’est la fin d’après-midi, nous n’allons pas bien loin. Notre prise de contact avec cette ville démesurée se fera via Akihabara, le quartier des geeks ! Magasins d’électronique, enseignes lumineuses géantes, centres commerciaux immense, salles d’arcades, mais aussi maids cafés. Nous n’avons pas testé, mais il s’agit de cafés à thème, où le personnel, féminin exclusivement, est costumé : écolière, infirmière, ninja, minette pimpante avec des oreilles de lapin… Déjà les rabatteuses costumées dans la rue mettent mal à l’aise alors nous n’osons pas imaginer l’ambiance du bar. Nous aurions aimé tester un bar à thème Mario, Hello Kitty ou un manga marrant mais nous n’en avons pas croisé, et n’avons pas fait l’effort de chercher. Par principe nous faisons un tour dans une ou deux salles d’arcades, mais elles sentent davantage la clope et sont plus chères qu’à Kyoto.

Le lendemain, 9 juillet, nous usons nos chaussures ! 20 km dans les rues de Tokyo, et il fait chaud ! Nous commençons par déambuler dans les rues de Shibuya, quartier hypermoderne, doté de grandes enseignes (par la taille mais aussi la célébrité), de beaux buildings et… plein de love hotels, ces établissements dans lesquels on peut réserver une chambre pour quelques heures.

Mention spéciale à la statue de Hashiko, qui est un symbole de fidélité au Japon. Il s’agit d’un chien, de race akita, et c’est un emblème du quartier. Il attendait tous les soirs son maître à la sortie du métro, et continua pendant 10 ans après sa mort (au maître), en venant pile à l’heure du train (le maître, professeur au département d’agriculture de l’université de Tokyo, est mort d’une hémorragie cérébrale sur son lieu de travail … en 1925). Pendant cette période, il a été nourri par les habitants du quartier. Une partie de ses restes a été enterrée auprès de son maître, quand il est mort de sa belle mort de chien en 1935. Bref, une belle histoire qui lui a valu une statue, que nous sommes allés admirer, comme il se doit.

Hashiko

Juste à côté, il y a un des plus grands passages piétons au monde. Quand le feu passe au vert, toute la circulation automobile s’arrête et une foule de piétons (et pourtant, ce n’était pas l’heure de pointe !) s’élance dans toutes les directions, y compris en diagonale. Beaucoup de passages piétons sont sur ce modèle au Japon, et cela fait toujours bizarre de traverser en biais. Mais c’est vrai que celui-là est impressionnant.

Shibuya crossing

En dehors de cela, nous visitons un ou deux grands magasins, dont un équivalent BHV, Hands, très sympa.

Nous visitons ensuite le temple Koto-ji, dans un quartier un peu excentré de Tokyo. Nous restons dans une thématique animalière, puisque celui-ci est à l’origine de la naissance d’un symbole emblématique de l’Asie, le chat porte-bonheur qui secoue sa patte avant droite, aussi connu sous le nom de maneki-neko. Mais si, il est dans tous les restaurants, il est censé apporter bonheur et prospérité à son proprio. Vous voyez ?

Koto-Ji

Pour la petite histoire, il y a fort fort longtemps, il n’y avait là qu’un pauvre monastère, fort modeste, avec un moine, fort pauvre, qui avait un chat. Le moine donnait tout ce qu’il pouvait à manger à son chat, et le supplia un jour de lui trouver un moyen de subsistance en preuve de sa gratitude. Le chat sauva la vie du prince de la région et de 7 autres samouraï, en lui faisant signe depuis la fenêtre lors d’un violent orage, l’incitant ainsi à chercher refuge dans le monastère. Pour remercier le monastère, le prince lui fit don de terres très riches, lui assurant prospérité et pérennité. Le monastère s’est bien développé, il comporte un beau parc, un cimetière impérial… De nombreux fidèles font offrande au temple d’une statuette de chat (vendue à la boutique du temple de même que les tablettes pour intentions de prières). Derrière le temple il y a donc plusieurs rangées d’étagères avec des milliers de chats de toutes les tailles. Un peu flippant, mais impressionnant.

Miaou (mais miaou riche)

Nous reprenons ensuite la route du centre pour visiter le parc Yoyogi, un grand jardin où pique-niquent les familles, puis le magnifique et gigantesque sanctuaire de l’époque Meiji. Meiji fut empereur du Japon à la charnière du XIX et du XXème siècle. Il décida de la fin de plusieurs siècles de politique de fermeture, acceptant l’ouverture des frontières aux occidentaux et à la technologie (électricité et trains notamment), mettant fin à la structure féodale de la société, réformant le système de lois un peu ancien de l’époque. Il fut aussi responsable de l’invasion de la Corée et de l’impulsion qui valut au Japon plusieurs décennies d’impérialisme accru dans la région, avec les conséquences géopolitiques que l’on connait. Tout le monde ne peut pas être parfait, et malgré cela, il est assez révéré.

Temple Meiji

Ruelle de Tokyo

Après cette visite, nous grimpons à l’observatoire de la tour du gouvernement métropolitain de Tokyo. La vue est à couper le souffle. 360° de ville à perte de vue, sans une seule interruption. On aperçoit aussi le stade, en construction pour les JO de 2020, en pleine ville, et la Tokyo Tower, sorte de tour Eiffel rouge et blanche se voulant l’emblème de la ville.

Une ville sans limites

Nous nous baladons ensuite dans le quartier tout proche de Shinkuju et les petites rues de Omoide Yokochi, quartier de vie nocturne. Les minuscules ruelles sont bordées de bars aussi minuscules, servant à boire et de quoi grignoter : borchettes, salades de poulet ou de champignons… Nous nous régalons, puis rentrons dormir.

Le 10 juillet, nous avons découvert presque par hasard que le zoo d’Ueno, à Tokyo, est l’hôte de pandas diplomatiques, de la même façon que le zoo de Beauval ! Un bébé y est d’ailleurs né l’année dernière, une petite femelle du nom de Xiang Xiang, quasiment du même âge que Yuang Meng, le petit panda né en France ! Impossible de ne pas aller les admirer ! Nous visitons donc le zoo dans son ensemble. Certains enclos sont bien, d’autres franchement exigus. Victimes de leur succès, les pandas ne sont quasiment pas visibles puisque la queue pour les voir est immense ! Interdit donc de s’arrêter, il faut passer, au pas, lentement mais sûrement, devant l’enclos. Bon, un peu décevant… Mais super mignons. Par contre, plus ça va, plus les zoo nous rendent tristes !

Le vrai (un des trois)

Et la boutique

Après cela, direction l’île (artificielle) d’Odaiba. Le trajet en métro via le spectaculaire Rainbow bridge vaut déjà le détour en soi.

L’île permet de se balader, et même de faire une sieste dans l’herbe sur la plage. L’eau du port de Tokyo n’inspire pas franchement la baignade, mais le repos est agréable.

Rainbow bridge

Nous faisons ensuite un peu de shopping pour remplacer le short de MC, et en profitons pour admirer le spectacle lumineux devant le centre commercial. Cette animation sur un gros robot en plastique (qui est assez joli), tiré d’un manga, ne casse pas trois pattes à un robot. Nous rentrons ensuite manger et nous coucher tôt… car c’est soir de match !

Rainbow bridge by night

Nous voila donc dans le salon de l’auberge de jeunesse à 3h du matin, en compagnie de deux suisses courageuses et d’un japonais fatigué qui prépare ses slides pour le boulot. France Belgique, 1-0. Heureusement que le match valait le coup de se coucher à l’aube ! Nous sommes un peu déçus pour l’équipe de Belgique, car c’était une affiche de finale !

Nous faisons une belle grasse matinée pour nous remettre de ce lever en pleine nuit, puis visitons le musée d’art de Tokyo. Assez bien fait, il présente les œuvres par matériau (laques, bronzes, céramiques…) avec des explications concises et des salles petites mais pas trop denses. Nous nous baladons ensuite dans le quartier de Yanaka, un quartier tout à fait différent du reste de la ville puisqu’il est composé de petites maisons, et assez résidentiel ! Pas de gros buildings, c’est reposant !

Yanaka

Nous repassons ensuite rapidement par Akihabara pour visiter Super Potato, un magasin de jeux rétro, Minh est comme un enfant !

Nostalgie pour les geeks de la première heure

Après cela, nous visitons Shibuya de nuit, qui est aussi impressionnant que de jour, et mangeons, une fois n’est pas coutume, dans un restau d’expat. Nous savourons ainsi de copieuses portions de viande (délicieuse au demeurant) et des frites réussies.

Shibya crossing… by night !

Le 11 juillet, nous changeons encore de quartier pour aller visiter le marché au poissons de Tsukiji. C’est le plus grand du monde, et il est en trois parties : le marché extérieur, vendant fruits, légumes et poissons au détail ; le marché intérieur, sous formes de halles, qui vend les poissons au détail (entiers, en filets, et prêt à manger en sushi et sashimi). Le marché intérieur est bordé de restaurants, où la queue défie l’entendement, surtout à 10h du matin. Enfin, il y a le marché de vente de poissons entiers, dans une immense halle. Victime de son succès, il n’est accessible qu’à deux moments : après 11h, et à 5h30, pour la vente aux enchères du thon, avec 120 places réservées aux premiers arrivés. A priori les premiers motivés arrivent à 3h, sachant que le métro ne circule pas à cette heure-ci. Nous n’avons pas tenté. Comme il est 10h15, nous mangeons de délicieux sashimi, et faisons un tour à 11h.

Inutile de dire que cette mesure revient à interdire le marché à la visite : à 11h, nous regardons les gens remballer. Pas de gros poissons, ni même de poissons. De toute façon, la photo est interdite ! Malgré ce point, nous ne sommes pas déçus, la structure de la halle elle-même valant le coup d’œil. Le marché déménage (normalement) en octobre de cette année (repoussé un nombre incalculable de fois, ce déménagement devient urgent car le quartier actuel déplaît à la municipalité dans l’optique des JO). C’est sûr que quand on voit les standard japonais d’ordre et de propreté, ce marché avec ses rats, son sol rapiécé, son bordel ambiant et son âge, fait un peu office de verrue ! Nous, on a bien aimé 😀

Le marché aux poissons… en train de ranger

Nous visitons ensuite le jardin de Hamarikyo, juste en contrebas, qui est magnifique et offre une vue délicieuse sur la baie de Tokyo avec le Rainbow bridge et aussi une ligne de buildings qui fait un contraste magnifique avec la silhouette des pins et des ponts. Une jolie balade !

Nous continuons dans le quartier par une visite du Zojo-ji, un temple vraiment joli, avec la Tokyo Tower en fond. Encore un joli contraste ! La petite cour derrière le temple est pleine de statues et de petits moulins à vents colorés. L’effet, au moindre coup de vent, est enchanteur.

Zojo-ji

Nous visitons ensuite la Tokyo Tower, ou plus précisément le parc d’attractions dédié au manga One Piece qui en occupe 3 étages. L’atmosphère est bien rendue, et les attractions sont amusantes, quoiqu’un peu enfantines. Chercher les idéogrammes sur les murs, ou se défier au lance-pierres nous occupe une bonne après-midi ! Après cela, nous allons quand même admirer la vue de l’observatoire, qui est différente de celle du Government building tellement la ville est grande.

Tokyo (OnePiece) Tower

Nous passons une agréable soirée avec des voisins de dortoir de l’auberge de jeunesse, à manger de très bonnes brochettes yakitori, et à jouer aux cartes (Shithead, nouveau jeu que nous ne connaissions pas, assez simple !)

Prochaine étape : Osaka, pour la finale de la coupe du monde !

Catégories : Récit du voyage

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